Il y a une option "gummitre"

Je rêve que je me marie. Enfin, je comprends que c’est moi mais ce n’est ni mon apparence, ni mon attitude, enfin, rien ne correspond.
Le jour du mariage arrive donc, et je vole avec mes demoiselles d’honneur, nous volons à travers les nuages pour que personne ne nous entende ou ne nous voit.
Un fois là-haut, je leur annonce que je ne veux pas du tout de tout ça, qu’en fait je veux faire la fête et profiter de ma jeunesse pour rencontrer d’autres hommes, que je m’apprête à partir. Toutes me regardent comme si je venais de dire quelque chose de touchant.. Alors, s’ouvre comme une petite fenêtre à travers les nuages, et je m’aperçois que mon fiancé me trompe.
Je suis alors, comme toutes fiancée cocue, envoyée dans le monde des 18 bougies, c’est un monde où l’on peut revivre, danser, et surtout, rencontrer des hommes. Si l’homme que vous avez choisis ne vous plaît pas, alors il vous faut trouver la pièce qui renferme 18 bougies, en souffler une, qui vous emmènera dans un autre monde, jusqu’à épuisement des bougies.
Je me mets alors à traverser plusieurs mondes. Certains me semblent franchement dangereux, je crois beaucoup de connaissances qui semblent ne pas me reconnaître. Certaine fois, d’autres personnes que moi soufflent la bougie du monde dans lequel je me trouve.. Il y a des passages très calmes, et d’autres très très speed. Où je marche, sans arrêt, je fais le tour du monde dans lequel je me trouve pendant des heures et des heures, en courant presque, et puis tout à coup, je m’assied au comptoir d’un pub irlandais. Je comprends alors que cette course effrénée était celle de la recherche de la pièce à la bougie. Mais que je ne l’ai pas trouvée. Je suis dans mes pensées, alors je n’entends même pas que Jeff chante du Brassens à côté de moi, et qu’il est avec Jan aussi. Un homme interpelle Jeff à la fin de sa chanson, et il lui dit qu’il n’a franchement jamais rien compris à Brassens, et que tout ça c’est une mascarade effroyable. Nous rions tous, comme s’il avait dit quelque chose de gentil, presque.
Alors, quelqu’un s’approche de moi et me parle de ma mère, je ne me souviens plus de la conversation très exactement, mais je me souviens avoir été très touchée par la description que cette personne faisait de ma mère.
Finalement, elle me convainc de changer l’heure de mon portable, tous les messages que j’ai reçu n’ont aucun sens, il faudrait une sorte de décodeur, la langue technique de ce monde là n’est pas la même que celle que nous avons sur Terre. Alors, je change l’heure, et il y a une option “gummitre”, je me demande ce que c’est, et c’est en fait une option qui fait que votre horloge aura toujours un peu d’avance sur celles des autres, et que vous n’aurez jamais la sensation d’être en retard. Je me réveille.

27 octobre 2014

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RêveClub ?

Le RêveClub est une collection, un club de rêveurs.

Il pourrait être la bibliothèque idéale de l’amateur de rêve.

Il est moins un projet d’artiste qu’une activité de collectionneur, guidé par une pure fascination pour cette activité humaine, pour le versant poétique, esthétique, littéraire, de cette production spontanée, de ce cinéma autonome, ainsi que des tentatives de témoignage en forme de récits de voyages vécus, bien réels.

Le site internet

Il est conçu comme un morceau de nuit où flottent des mots comme autant de clés pour des associations infinies. Vous pouvez aussi y verser de nouveaux rêves, et devenir ainsi un membre actif du RC si vous choisissez de laisser vos coordonnées.

Les rêves circulent : il vous sera envoyé un texte en réponse, offrant peut-être une proximité avec le vôtre.

Historique

Commencée en 2004, cette collection de récits d’ « anonymes », mélangés à des récits d’écrivains ou de cinéastes comme Queneau, Leiris, Burroughs, Baudelaire ou Fellini, a servi de base textuelle à la compagnie ÇA PEUT ETRE MOI : Jean-Michel Portal, Julie Denisse, Enrico Baradel, Brigitte Négro : jeu / Jean Cohen-Solal : musique / Manuel Salvat : vidéo, installations / Jean Palomba : écritures.

. 2005, Une année de rêves, Médiathèque d’Arles : résidence, lectures, performances, ateliers d’écriture

. 2007, RêveClub, Espace Van Gogh, Arles : installation Manuel Salvat, musique Jean Cohen-Solal

2010-2013,
RêveClub aux Archives départementales 13, Marseille

Un dépôt de la collection, qui constituera probablement la première banque de rêves intégrant des archives publiques, sera consultable à l’automne 2010, aux Archives départementales 13, sur place et en ligne.

Si elle partage avec reveclub.org la même base de récits, son indexation, sur la base d’un questionnaire développé avec des archivistes et un ethnologue, proposera des données contextuelles sur les rêveurs et leur témoignage, envisagés comme des « récits de vie » intéressant, entre autres, chercheurs en sciences humaines et historiens.

Le lancement de cette base de données sera annoncé sur cette page, ainsi que le programme des manifestations associées : nouvelle collecte publique, conférences, lectures, projections, exposition…

Manuel Salvat


Le RêveClub est accompagné depuis 2005 par l’association Zazie, soutenue par le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur et la mairie d’Arles.

La création du site Reveclub.org et le programme associé sont soutenus par le Conseil Général 13 et les Archives départementales 13.

Le site Reveclub.org a été conçu et réalisé par Digital Deluxe.


" L’apparence de beauté qui règne dans ces mondes du rêve, que tout homme sait créer en artiste accompli, est la condition même de toute espèce d’art plastique, et aussi, pour une large part, de la poésie. "

Friedrich Nietzsche, La naissance de la tragédie

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